Une première en France :" Momentum", une oeuvre intense de l'américaine Chen Yi

 

Dans ses compositions, Chen Yi combine avec subtilité l’idiome orchestral de l'Occident avec des tonalités pentatoniques traditionnelles de l'Orient.  Sa musique est engageante, rythmique, vitale. Son désir, son but principal dans la vie est de créer de la «vraie musique» pour toute la société et pour les générations futures.

 

Issue du Conservatoire de Beijing, Chen Yi possède un Doctorat d'Art Musical de l’Université Columbia à New York. Elle est lauréate de la Fondation Guggenheim, de l'Académie Américaine des Arts et des Lettres et de la Fondation Nationale des Arts des Etats-Unis. Elle a reçu de nombreux prix pour ses oeuvres. Parmi ceux-ci : le Premier Prix du Concours National de Composition de Chine (1985), le Prix Lili Boulanger (1993), le Prix de Composition Eddie Medora King (1999), le Grammy Award (2000) et le prestigieux Prix Charles Ives (2001-2004). Sa musique est enregistrée par des labels aussi divers que Teldec, Nimbus, Cal et Angel.

 

Pendant la révolution culturelle chinoise, les partitions de Chen Yi, âgée alors de 15 ans, furent confisquées par l’armée chinoise au titre de sa «ré-éducation». Chen Yi a été emprisonnée deux ans durant dans un camp de la province de Guangzhou. Par la suite, ayant émigré aux Etats-Unis, elle est devenue citoyenne américaine.

Commande du Conservatoire de Musique Peabody de l’Université Johns Hopkins en 1997, Momentum est dédié à l’Orchestre Symphonique Peabody et à son directeur musical Hajime Teri Murai. L'oeuvre a été donnée pour la première fois au Lincoln Center de New York le 2 mai 1998.  Elle est inspirée par le pouvoir des totems anciens, la tension de la lave montante des volcans, et par les lignes dansantes et exagérées de la calligraphie chinoise. Cette calligraphie énergique, dramatique, et puissante a fait une profonde impression sur Chen Yi. Pour elle, c'est une métaphore de la marque que la musique contemporaine inscrit dans notre société.  Quelque part, on entend dans les formes sonores de Momentum comme un écho de la musique de Copland, dont le compositeur avait absorbé l'influence pendant ses études aux États-Unis, mais aussi de certaines oeuvres de Stravinski et Bartok.